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L'île aux contrastes

Nous arrivons de nuit sur l'île. Comme pour les Açores, ce deuxième vol est promesse de très bonnes vacances : nous sommes la seule famille d'étrangers dans l'avion. Chouchous des hôtesses, nos enfants auront double rations de barres chocolatées et de sucettes :-)

Le terminal pour notre 2ème vol, tellement vide que l'on pourra même y jouer au foot.


J'aime les petits aéroport, personne ne vous presse, les gens y sont souriants. Récupérer nos bagages nous prendra 5 minutes. Trouver le loueur de voiture sera moins simple. Un cri au fond du parking où nous sommes seuls, un signe de la main, c'est notre loueur : une table, une chaise et deux voitures : la nôtre et la sienne!

J'ai 45 minutes à conduire pour arriver à notre location, une traversée de l’île d'Est en Ouest, en passant par une chaîne de montagne. La route serpente, la moitié du temps on monte dru, l'autre on descend dru! Ce trajet, même de nuit, m'offre un petit aperçu des reliefs de l'île, de quoi faire de jolis rêves après cette longue journée de transport.



Nous avons 1h d'avance pour le rdv à notre location, nous en profitons pour découvrir le remblai.



Bref, laissons plutôt la place à la raison d'être d'un voyage : l'exotisme, celui qui vous sort de vos habitudes, celui qui vous bloque les yeux grands ouverts, celui qui vous procure de douces et nouvelles sensations...

Ce voyage, je ne vais pas vous le raconter journée par journée, heure par heure, mathématiquement, comme les circuits conseillés dans un guide touristique! Les lieux, les horaires n'ont pas une réelle importance.

Je voyage pour l'aventure, celle qui consiste à sortir de ce que l'on maîtrise, celle qui laisse une place à l'imprévu, laisse les choses venir tranquillement et qui vous apprend à savoir les apprécier.

Je voyage pour offrir des nouveaux paysages à mon regard curieux , et évidemment pour essayer de les photographier correctement!

Et cette île et ses reliefs seront très généreux pour mes yeux!

Yeux grands ouverts, frissons sur les avant bras, ma femme et nos deux enfants, seuls dans un paysage grandiose. Tous les efforts pour arriver ici prennent un sens, plus ne rien ne compte mis à part l'instant, puissant! Je publierai un article complet sur cette virée en hauteur.



Au nord de l'île se trouve une caldeira, un cratère de volcan parfaitement cylindrique, d'un périmètre d'une vingtaine de kilomètres et ouverte au sud ouest jusqu'à la mer. Au sud de cette celle ci, débute une chaîne de volcans qui descend doucement jusqu'à rejoindre l'océan à l'extrême pointe sud de l'île.

L'ouverture de la caldeira, vue de la mer, une sortie en bateau très (trop) houleuse...


Ces reliefs nous offriront quelques balades et points de vue époustouflants, qui feront l'objet de prochains articles sur ce blog tellement il y a à dire et/ou à montrer.

La position de l’île , très ouverte aux 4 vents, font que nous aurons eu des climats très différents en 2 semaines : chaleur sèche ou humide , vent sec et chaud ou glacial et givrant, le tout sur une terre de 700 km2 (pour comparaison, la Vendée où je vis fait 7000 km2). Et comme partout, toujours la même histoire de changement climatique, malgré une moitié de l’île à la végétation dense, un local nous dira "ça fait 7 ans qu'il n'a pas plu ici sur la côte ouest, c'est bien pour vous en vacances en hiver, mais pour nos paysans...". Même certains cactus étaient brûlés !

Ces reliefs auront aussi été un casse tête pour préparer nos valises, comme pour notre précédent voyage sur l'île de Sao Miguel. Dans nos sacs, les tongs et shorts sont empilés sur nos doudounes d'hiver, les masques/tubas sur les coupes vents.


Journée extrême =

conduire sur une route gelée en fin de matinée

+ pique niquer en altitude à côté d'une plante givrée à midi

+ se réchauffer à la plage en se baignant dans une eau à 20° dans l'après midi


Et logiquement, avec cette exposition aux éléments et ces reliefs, certains phénomènes météorologiques sont eux aussi extrêmes. Là aussi, nous aurons été gâtés avec, à priori, la plus impressionnante tempête de sable depuis 30 ans! Pour résumé 12 heures de vent à 120km/h, et 2 jours avec une épaisse brume jaunâtre et une odeur de poussière partout. Impressionnant. j'en ferais un article complet plus tard.

la brume résultante de cette tempête, lumière étonnante.


Ces climats ont, logiquement, une grand incidence sur les paysages :

Steppe à la végétation basse, trop fatiguée d'un fort vent salé pour essayer de se redresser;

Coulée de lave figée, promesse d'une terre riche et fertile, d'où émergent quelques plantes, comme pour égayer cette sombre monotonie rocailleuse;

Forêt humide et dense, où la vie d'un arbre se résume à grandir plus vite que son voisin pour atteindre la canopée, course pour une photosynthèse salutaire;

Pâturage vert, vaches privilégiées, comme en vacances, siestant à l'ombre d'un palmier après avoir brouter une herbe richement verte;

Montagnes brutes, déchiquetées, fruit de forces tectoniques indomptables et infatigables, beauté chaotique, peintres au nuancier safrané et pourpre;

Plage de sables noirs, rochers noirs, en accord avec l'océan pour en magnifier son bleu, où quelques crabes non satisfait de cette bi-colorimétrie ont ajoutés des touches d'un rouge vif orné de traits ors;

Pinède, accrochée à flanc de montagne, offrant un tapis orangé d'aiguilles, comme pour assourdir le bruit des pas et ne pas déranger les habitants d'un lieu délicatement parfumé de résine;

Chaîne de volcan, pour certains vieux, usés des grondements de la terre, et pour les autres, jeunes et fougueux, prêt à changer tous ces décors, simplement, comme le fait la marée deux fois par jour, redessinant la plage et effaçant sans question toutes traces humaines...


Cliquez sur les vignettes pour les agrandir


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© 2019 by Ismael Figureau

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